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Myriam Lamare veut s'imposer en MMA

Myriam Lamare est une championne qui n'a pas fini de nous surprendre. Après la boxe française et le noble art, cette pionnière souhaite conquérir la planète MMA. Rencontre avec une guerrière sans limite.

Myriam Lamare
Myriam Lamare est une femme insoumise. Une combattante assoiffée. Une athlète sans limite. Elle aime aller là où on ne l'attend pas. Et justement, l'octogone est son prochain terrain de chasse. Celui qu'elle veut conquérir. Avec une détermination et une rigueur qui ont déjà dans ses précédentes vies portées leur fruit.

Reste à savoir si, à elle seule, elle pourra relever ce nouveau défi et faire accepter au plus grand nombre ce tournant dans sa carrière.

Après avoir pratiqué l'athlétisme, le full contact, s'être imposée en boxe française et avoir gagné toutes ses lettres de noblesse en anglaise, Lamare n'a pas dit son dernier mot.

Alors qu'elle n'a plus rien à prouver, cette guerrière dans l'âme veut mettre d'autres gants. Et tenter de remporter d'autres victoires dans une discipline non reconnue en France mais qui, à travers le monde, et notamment avec l'UFC, est devenu un sport à part entière où l'on retrouve les meilleurs combattants du monde. Ce sport se définit par trois lettres : MMA : Mixed Martial Arts, comprenez "Arts Martiaux Mixtes".

Mais pour combattre dans l'hexagone, sur ses terres, elle devra se contenter du pancrace. Sa première prestation lors du PFC 4 le 14 avril dernier s'est d'ailleurs soldée par une victoire.

Lorsqu'on l'interroge sur cette décision, la championne du monde nous répond avec simplicité :

"Ce qui m'a clairement intéressé dans ce sport, c'est la pluralité et tout ce que cela peut évoquer en tant que combattante : la suprématie physique, technique, tactique sur l'autre. Tout cela me parle et je garde aussi un oeil curieux sur toute la médiatisation mondiale ainsi que l'aspect financier généré par le MMA que j'apprends aussi à mieux connaître avec les UFC".

Lamare ne se soucie pas des "qu'en dira t-on ?", elle sait que si elle avait prêté attention à tout ce qui se dit lors de ses expériences passées, elle n'aurait sans doute jamais pu s'imposer. La boxeuse française est bien claire sur ses envies et ce nouveau challenge :

"Je sais que pour le moment, la France ne reconnaît pas la discipline, mais tout peut encore bouger. Le MMA permet d'évoluer en tant que combattant, peu importe la discipline d'où l'on vient. La boxe anglaise m'a appris énormément et va m'aider à trouver mes marques dans la cage, je sais que j'aurais l'explosivité, la vitesse, l'endurance et surtout le coup d'oeil qui me serviront dans cette nouvelle carrière"

Et nous avons effectivement retrouver une Lamare rapide, appliquée et bonne élève lors de son premier combat en Pancrace mais avec un gros travail qui reste à mener selon elle, et cette même volonté de progresser et d'apprendre toujours plus :

"Sincèrement, après cette première expérience chez les Biamonti au PFC 4, j'ai senti un gros manque de repère lors du combat mais j'ai eu de bonnes sensations et je sais qu'il faut améliorer pas mal de choses, cela viendra avec une meilleure préparation, peut être plus professionnelle, et de plus gros défis".

L'UFC qui est l'organisation mondiale de MMA n'a cessé de faire les yeux doux à la France mais sans parvenir à s'imposer avec le même engouement qu'au Royaume Uni ou même au Canada. Mais Dana White, le président de l'UFC poursuit ce travail acharné et sa conquête de l'Europe et de l'Hexagone avec des portes drapeaux tels que Cheick Kongo, Cyrille Diabaté ou encore Francis Carmont.

Quant à la multiple championne du monde, elle sait qu'à l'UFC, aujourd'hui, les féminines ne sont pas invitées à la fête, mais elle vise le Strike Force et veut rencontrer , sans complexe, les meilleures du circuit :

"Je peux comprendre que le MMA suscite des incompréhensions mais en tant qu'athlète de haut niveau, je sais qu'en travaillant sur une bonne réglementation et un réel cadre de pratique, nous éviterons toutes les dérives auxquelles nous assistons avec les fédérations de pieds-poings et nous pourrons faire des Arts Martiaux Mixtes une discipline à part entière dans le paysage sportif actuel. Pour cela, il faut se battre et défendre la discipline. Ce qui signifie aussi, aller s'imposer chez les meilleurs... Je vais travailler dur pour y parvenir. C'est mon objectif !"

A la question "n'as-tu pas peur de casser ton image de grande championne de boxe anglaise", Lamare répond avec conviction :

"Absolument pas. j'ai soif d'apprendre, de relever de nouveaux défis, je fonctionne avec l'adrénaline. Je le fais d'abord pour moi avant de m'intéresser au regard des autres. Je vis pour me donner de nouveaux challenges et à 37 ans, je me sens prête pour cette nouvelle aventure. Je vais me donner les moyens et on verra les résultats dans la cage. Toute ma culture en MMA reste à faire mais j'ai une personnalité de battante, je ne lâche rien et je veux aller tenter ma chance dans les meilleures organisations mondiales! J'espère pouvoir bientôt découvrir un UFC et pourquoi pas assister au StrikeForce ".

Myriam Lamare poursuit depuis le 14 avril ses entraînements, avec sérieux et bonne élève, elle sait que seul le travail paiera.

Mais la France orpheline de MMA, et imposant le sport fédéral, devra encore s'ouvrir l'esprit pour accepter d'une part que les arts martiaux mixtes trouvent une juste place dans le paysage médiatico-sportif actuel, mais aussi pour qu'une femme, seule contre tous, s'impose à la tête d'un sport qu'on qualifie bien trop souvent de "violent et barbare" sans en avoir jamais compris ni les règles, ni l'identité.

Affaire à suivre. Alors pensez à rester connectés sur le site de l'UFC pour de prochaines nouvelles...